dimanche 13 mars 2011

Le bronzage

Voilà bien une opération fort mal traitée. La seule chose qui compte c'est le prix et que ce soit noir ! Si c'était si simple !
Il en existe de deux types : le bain rapide et le bronzage à la couche.

Le bain rapide :

Si les surfaces sont bien polies, que les pièces ne sont pas brasées à l'étaing ou à l'argent (pas plus de deux fois si la brasure est parfaite) ce bronzage est sans problème sauf qu'il est fragile au sang, au coca, et la sève de certaines plantes. Bref, c'est un bronze séduisant mais peu pratique à l'usage de la chasse.


Le bronzage à la couche :

Consiste à mettre une liqueur sur le métal parfaitement poli et dégraissé, celle-ci va le faire rouiller sous haute surveillance afin que l'acier ne se pîque pas. Entre chaque couche, le temps d'application est variable suivant la saison, l'humidité, et la température. On va mettre les pièces dans l'eau de pluie en ébullition entre chaque couche, quelques temps après on sort les pièces, on carde les premières couches à la brosse rotative douce en acier, et les dernières couches à la fine paille d'acier. On répète cette opération de 6 à 13 fois.
Les fusils lisses chromés ne nécessitent aucune surveillance pour l'intérieur des canons. En revanche, les canons non-chromés et surtout les carabines doivent être nettoyés systématiquement entre chaque couche afin d'éviter une corrosion interne irréversible.

Important : les armes qui souffrent le plus d'un bronzage sont les express. En effet, comme pour carabines simples, les broches qui permettent de manipuler les canons sans les toucher (graisse) doivent être fabriquées en matière synthétique pour chaque calibre afin de ne pas blesser la sortie de bouche du canon et la prise de balle en bout de chambre. Je connais une multitudes de "bronzeurs" qui utilisent le sacro-saint tournevis... Qui dit mieux ? Adieu la convergence de l'express.
Pour les canons des express qui ne sont pas traités et sont de profil très fin, rien que l'ébulition répétée du bronzage peut amener à retravailler la convergence !

Bref, un bronzage bien fait demande d'être très consciencieux et prend beaucoup de temps.
Ce bronzage à la couche est vraiment beau, solide à l'usage. Son entretien se fait avec des huiles de qualité (Armistol, Balistol, ...).
En ce qui me concerne, je bronze de la mi-mai à la mi-septembre car notre région est trop au nord pour une belle constance dans les finitions et les teintes.
Le contrôle des brasures d'assemblage doit être fait sous peine de voir apparaître des auréoles blanchâtres. Ressouder les bandes peut s'avérer indispensable.

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